Si vous avez commencé à vous impliquer au Clan vous avez très certainement entendu le terme ”intelligence collective”. En effet c’est une pierre angulaire de toutes les activités que nous menons. Un principe clef, on pourrait parler de paradigme. Mais c’est quoi au fait ? Et comment la vivre et la faire vivre ?
Avec ce module on vous propose d’explorer le concept d’intelligence collective et de découvrir la facilitation, c’est à dire la pratique et les méthodes qui permettent de la faire émerger.
💡 Compétence clef = Acquérir des connaissances théoriques sur l’intelligence collective et les dynamiques collaboratives
L’intelligence collective est une réalité, un fait prouvé. C’est le constat que lorsqu’elle est mise dans les bonnes conditions et avec les bonnes méthodes, une équipe de personne œuvrant et réfléchissant ensemble peut résoudre des problèmes plus complexes et/ou de façon plus efficace que lorsque ces personnes travaillent isolément où en mode pyramidal.
Dans notre culture où prédomine la décision centralisée et la croyance que le chef ou l’expert ont toujours la meilleure solution c’est carrément un changement de paradigme profond que ce principe vient nous faire opérer.
Cette prise de conscience est fondamentale pour permettre aux sociétés de prendre les bonnes décisions, à l’heure où tant de défis se dressent face à nous.
C’est un parti pris important qui permet de redonner une place à tous dans les prises de décision qui les concernent et à favoriser des rapports horizontaux et d’équivalence plutôt que des structures verticales et des relations asymétriques.
Allez, on démarre avec une petite vidéo de 3 minutes qui donne quelques éléments clefs et nous explique la différence entre intelligence collectée et intelligence collective.
Creusons un peu plus encore le sujet avec Jean-Michel Cornu (vidéo de 11 minutes) qui nous apporte quelques éléments historiques clefs sur cette notion et évoque la différence qu’il peut y avoir selon la taille du groupe concerné.
Enfin, pour ceux qui voudraient en savoir plus, n’hésitez pas à écouter ce podcast passionnant 💙 de 36 minutes sur Radio France.
💡 Compétence clef = Concevoir et animer des processus qui permettent l’émergence de l’intelligence collective
Mais alors, comment faire émerger cette intelligence collective concrètement ? Eh bien en réalité c’est une question très importante car il ne suffit pas du tout de réunir X personnes autour d’une table et de les laisser discuter ensemble pour que la magie opère. Bien au contraire, sans méthode et sans cadre, la discussion s’enlise, certaines personnalités fortes monopolisent la parole, les biais cognitifs déforment complètement les propos et les informations…. Bref, on arrive malheureusement assez facilement à un phénomène de 1+1=0, bien loin du 1+1=3 espéré.
Et donc cela signifie que faire émerger l’intelligence collective d’un groupe nécessite des compétences et des savoir-faire spécifiques. Un métier existe d’ailleurs pour cela, celui de facilitateur·rice.
Dans ce paragraphe on va s’intéresser d’abord à quelques méthodes de base, les outils du facilitateur·rice, qui vont varier selon l’objectif poursuivi : créativité, prise de décision, définition d’un plan d’action, retour d’expérience, etc.
Nb : on a fait le choix ici de se concentrer sur des méthodes et des outils adaptés à des groupes réduits de personnes (max 12 personnes) car il s’agit du format le plus courant dans les réunions du Clan mais il existera aussi des outils et des méthodes spécifiques pour de plus grands groupes.
Ce qu’il est intéressant de comprendre c’est que les processus mis en oeuvre par le facilitateur·rice ne sont pas laissés au hasard. Les méthodes employées reposent sur une multitude d’astuces ou de principes qui limitent les biais cognitifs actifs dans des situations de groupes, valorisent la diversité des points de vue et assurent la profondeur des échanges et des réflexions (réflexion individuelle sur post it, temps de parole, séquençage, connexion aux émotions, poser un cadre de parole sécurisant, etc).
Pour une séquence de créativité - Le brainstorming
Cette vidéo de 5 minutes est bien faite pour découvrir le sujet : elle présente plusieurs méthodes et donne des astuces intéressantes
Pour un partage de points de vue - Les chapeaux de Bono
Découvrez cette méthode bien faite qui permet à un groupe de discuter autour d’un sujet de façon harmonieuse et constructive. Vidéo de 9 minutes.
Pour mobiliser une équipe autour d’un projet - Le speed boat
Il existe un outil puissant et ludique qui a plusieurs usages, notamment la mobilisation d’un collectif autour d’un projet : découvrez-le avec la vidéo ci-dessous (6 minutes)
On vous a donné ici quelques exemples de méthodes qui sont connues et assez faciles à mettre en oeuvre mais il en existe énormément, une infinité en réalité, ayez la curiosité de fouiner sur internet, il y a de très nombreux sites qui partagent des ressources en la matière ! Nb : un·e facilitateur·rice aguerri·e va pouvoir construire sa méthode et son séquençage sur mesure selon le groupe et les objectifs de la session.
💡 Compétence clef = Adopter une posture qui contribue à l’émergence de l’intelligence collective
Après avoir parlé de méthodes il nous faut impérativement parler de posture. En effet, la posture du facilitateur·rice est vraiment spécifique et primordiale. Ce n’est ni celle d’un chef d’orchestre, ni celle d’un professeur, ni celle d’un consultant, ni celle d’un stand-upper, ni celle d’un formateur, ni celle d’un manager, ni celle d’un expert…. Mais alors c’est quoi ?
Le facilitateur·rice doit avoir une posture proche de celle d’un guide, neutre et bienveillant, parfois discret et en deuxième plan, parfois directif et recadrant, il guide du groupe vers l’atteinte de son objectif en toute fluidité et sécurité.
Il n’apporte pas de solution, il aide le groupe à trouver ses propres solutions.
Garant du cadre
Le facilitateur·rice va avoir la responsabilité du cadre et de la dynamique du groupe.
Alors que les participants sont concentrés sur le contenu des échanges, le facilitateur·rice place son attention sur le contenant : il maîtrise le temps, il a à cœur le respect des process tout en s’ajustant aux imprévus. Il devra aussi parfois assurer un recadrage un recentrage des participants au bénéfice du groupe, des étapes, des échanges et de l’atteinte des objectifs. Il vérifie le bon équilibre de prise de parole entre les participants, élément fondamental pour que l’intelligence collective puisse émerger.
Vidéo super intéressante de 6 minutes à ce sujet.
Posture de neutralité bienveillante
Une des grandes spécificités de ce métier repose sur sa neutralité. Le facilitateur·rice aide le groupe à cheminer et à trouver ses propres solutions, à prendre ses propres décisions, en veillant à ne pas donner de préconisation, à ne pas intervenir directement sur le fond du sujet.
Vous trouvez des éléments intéressants dans cette vidéo de 4 minutes pour bien cerner les différences avec d’autres métiers.
En pratique au Clan dans nos petits groupes de travail il est malheureusement rare de disposer d’un facilitateur·rice complètement étranger au sujet, qui ne soit pas impliqué dans le projet. Alors, dans nos réunions de projet, comme les réunions de triage par exemple, le facilitateur·rice va “passer la facilitation” à quelqu’un d’autre lorsque viendra le moment d’aborder un point qu’il apporte lui-même.
Ecoute réceptive
La qualité de la facilitation repose énormément sur la qualité d’écoute du facilitateur. Découvrez un partage instructif à ce sujet ci-dessous (vidéo de 5 minutes).
Bref, le rôle du facilitateur·rice en terme de méthodes et de posture est fondamental et passionnant, le voici résumé en quelques mots : concevoir des parcours, animer des processus collaboratifs, être à l’écoute, faire des synthèses et reformuler, réguler et gérer des tensions, assurer un équilibre de prise de parole entre les participants, gérer le temps, être focus et guider le groupe vers l’atteinte de ses objectifs, mettre le groupe dans de bonnes conditions pour faire émerger l’intelligence collective.
Ça vous branche ? Envie de monter en compétences dans la vraie vie ? Pas de secret, il faut pra-ti-quer ! Entraînez vous sur de petites réunions et profitez-en pour tester des méthodes, recueillez régulièrement des feedbacks pour améliorer votre pratique et ajuster votre posture, apprenez en observant d’autres facilitateurs·rices, intégrez des communautés de facilitateurs·rices et échangez des astuces.