Prise de décision par consentement

Prise de décision par consentement

Le processus de décision par consentement (aussi appelée décision en GPC - gestion par consentement) est le mode de décision privilégié par Le Clan.

La prise de décision par consentement se différence de la prise de décision par consensus :

  • En consensus, tout le monde doit dire oui
  • En consentement, personne ne dit non
🔑

Lorsque l’on prend une décision par consentement, on ne cherche pas à identifier la meilleure solution mais plutôt la décision qui respecte les limites de celles et ceux qui seront concernés par sa mise en oeuvre et qui ne compromet pas la capacité de l’organisation à mener à bien sa mission.

En GPC, la décision est prise que lorsqu’il n’y a plus d’objection raisonnable à celle-ci. Le processus suivi vise à favoriser l’aboutissement des décisions en évitant les jeux de pouvoir et autres mécanismes d’inertie organisationnelle.

Chacun est invité à s’alléger du poids de son ego pour servir au mieux « le centre », c’est à dire le bien commun de l’organisation.

Le processus de décision par consentement est défini comme suit et est incarné par un facilitateur. Dans tous les cas, laisse toi porter par celui-ci et n’hésite pas à poser des questions après coup.

0 - Point étudié

Le facilitateur rappelle le point en cours de traitement en redonnant son intitulé.

0 - Ecoute du Centre

Chacun-e est invité-e à formuler les éléments importants relatifs au point traité. Cette phase peut s’effectuer sous forme de x tours de cercles. Cela peut-être un temps à part entière.

0 - Elaboration de la proposition argumentée

Il est conseillé de faire une proposition simple au départ, qui sera transformée par intelligence collective au travers du processus de la GPC. Á l'écoute du centre, le facilitateur peut demander à une personne, de formuler une proposition ou quelques personnes peuvent constituer un groupe d'amélioration qui va plancher sur l'élaboration écrite et argumentée de la proposition.

0 - Présentation de la proposition écrite

Une personne est "porteuse" de la proposition. Une seule proposition est traitée à la fois.

Une bonne proposition :

  • prend en compte des éléments avancés lors de l’écoute du centre;
  • est claire et simple à comprendre par tout le groupe;
  • est acceptée par tous comme une base de travail à approfondir;
  • n’appartient plus à celui qui l’a faite une fois qu'elle est présentée et clarifiée.
1 - Clarifications

“Est-ce clair? Est-ce que je comprends? “

Chacun-e pose des questions en vue de comprendre la proposition dans son ensemble. C'est le porteur qui répond et clarifie les éléments de la proposition. L’objectif est d’ôter tout doute ou possible interprétation erronée de la proposition. Le porteur ne répond pas aux "pourquoi … ?" Il ne s'agit pas d'exprimer ce que l'on ressent vis à vis de la proposition. Le porteur peut répondre “cela n’est pas précisé dans la proposition” ou “je ne sais pas”.

2 - Ressentis

“En quoi la proposition vient satisfaire mes besoins, ou ceux du projet par rapport à l’organisation?”

Chacun-e s’exprime à son tour sur ce que la proposition lui évoque. C’est là qu’un maximum d’informations peuvent être exposées afin de nourrir le proposeur pour lui permettre d'amender la proposition en phase 3. Le proposeur tente d'avoir une écoute large, de saisir la température globale qui se dégage au centre.

3 - Amendement

Le proposeur est invité, sur la base de ce qu'il a entendu, à, éventuellement:

  • re-clarifier la proposition;
  • amender la proposition : proposer des modifications (ajouts, retraits);
  • retirer la proposition : s'il s'avère qu'elle n'est pas pertinente. En cas de retrait, le processus reprend à la phase 0 avec une nouvelle proposition.

Dans tous les cas, il invite les personnes à essayer d’émettre des objections

4 - Objections

“Ce ne sont pas des préférences, des avis, d’autres propositions. C'est ce que je considère être des limites pour moi et pour la mise en oeuvre du projet.“

Le facilitateur fait un tour pour savoir si les membres du groupe ont des objections en posant la question suivante : Voyez-vous une raison qui fait que l’adoption de cette proposition cause du tort ou nous fait régresser ? Dans un premier temps, ils sont juste invités à dire si "oui", ou "non" ils ont une objection. S’il n’y a que des "non", la proposition est adoptée. Aller directement en célébration.

S'il y a des objections elles sont écoutées et traitées une à une. La formulation d'une objection n'est pas la formulation de la solution à celle-ci. Le facilitateur se centre sur l'obtention de la formulation de l'objection. Il note les objections au tableau et le prénom de qui les porte. Émettre une objection, c’est s’en défaire comme quelque chose de personnel pour en faire la richesse du groupe. Une objection est un véritable cadeau pour le groupe : elle va lui permettre d’aller plus loin en explorant des parties de la proposition encore inexplorées.

LE FACILITATEUR TESTE LES OBJECTIONS

La facilitateur pose les questions suivantes pour tester si l’objection est valide ou pas. L’objecteur y répond en apportant un rapide argumentation :

image

Le facilitateur ne juge pas de la correction de l’argumentaire, il doit juste vérifier que l’objecteur a bien fait l’effort de réfléchir à une argumentation.

Si elle est invalide, elle est tout simplement supprimée et le facilitateur teste les objections suivantes.

Sinon, d'abord, identifier si une objection annule la proposition. Si c’est le cas, retour en 0.

5 - Bonification

Le facilitateur traite les objections (celles qui sont valides, donc) une par une. Les objections posées au centre deviennent celles du groupe. La discussion est libre, chacun peut apporter des solutions dans le but de lever l’objection traitée. Le facilitateur s'assure régulièrement de voir si l'objection se lève auprès de la personne qui l'a émise. Si une solution lève l'objection d'une personne celle-ci en informe le groupe. Après un tour de levée d'objections, s'assurer que de nouvelles ne sont pas apparues. Lorsqu'il n'y a plus d'objection, il y a consentement mutuel. La proposition est adoptée.

6 - Célébration

Pour marquer le fait que la décision a été prise en consentement mutuel. Se féliciter pour cette étape franchie en groupe. Au groupe de définir la manière dont il va célébrer cela (applaudissement, repas, fête…).